Methode de lecture opposition et réflexion
Votre article intéressant sur les méthodes de lecture reprend l'opposition entre deux méthodes "semi-globale ou globale" et "syllabique" . Il fait la part belle à M. Le Bris ou R. Boutonnet qui de fait ne sont que des témoins qui ne fondent leur jugement ni sur la connaissance de la langue, ni sur des évaluations à grande échelle des élèves.
Mais oublion les . Ce que nous préconisons et pratiquons aujourd'hui incarnerait plutôt "une troisième voie".
Depuis les travaux de Nina Catach sur le pluri-système qui fonde la langue
française, on sait qu'il n'existe pas "une" mais "des" entrées pour comprendre et apprendre la langue écrite, laquelle n'est pas en français, la simple transcription de l'oral.
Parmi ces entrées le passage par l'écriture est un point fondamental tout comme la rencontre précoce et organisée des oeuvres littéraires.
La littérature de jeunesse a fait son entrée à l'école. Depuis trente ans, sa richesse artistique et son ambition en font un patrimoine riche à partager, un support de qualité pour aider le jeune lecteur à comprendre et s'approprier un texte et ses attendus.
Il ne s'agit pas d'apprendre les mots globalement -même si la voie directe est pratiquée pour nombre de mots outils -, ni de faire seulement des hypothèses - toute hypothèse doit se vérifier en faisant appel si besoin à la combinatoire. Il s'agit d' inviter l'élève à une activité réelle où il observe, compare, manipule des unités et structure ses repères grâce à l'aide du maître. Ce maître s'appuiera souvent sur une méthode qu'elle soit publiée par un éditeur ou adaptée par ses soins, avec ses collègues.
Encore faut-il que le maître soit initié au fonctionnement de la langue, à la problématique des correspondances entre phonèmes et graphèmes, à l'intérêt de travailler l'orthographe très tôt (ce que ne font pas les méthodes syllabiques qui ignorent sytématiquement les lettres muettes par exemple).
Plutôt que de polémiquer à l'infini sur les avantages ou inconvénients des méthodes les unes par rapport aux autres, il convient de réfléchir aux démarches à mettre en oeuvre. Des démarches qui prennent en compte la diversité des publics scolaires, qui acceptent la variété des entrées dans la langue, la nécessité de structurer, le passage à l'écrit en faisant écrire "l'apprenti-lecteur" dès ses débuts. Il faut que l'élève conserve toujours le sens de ce qu'il fait. Le plaisir n'est en rien opposé à l'effort contrairement aux assertions de certains, mais l'élève, en particulier de milieu défavorisé doit pouvoir comprendre pourquoi on lui demande cet effort et trouver la récompense de cet effort, dynamique essentielle à la poursuite de son engagement.
Ces démarches font également le pari de l'intelligence tout en intégrant l'idée que la langue française est un système à la fois organisé et complexe. Il faut comparer et mettre en relation des éléments. Apprendre à lire est une activité qui ne refuse rien à l'imaginaire mais qui est avant tout une activité scientifique, rationnelle.
L'institution n'échappe pas aux contradictions, mais elle a su avancer, les nouveaux programmes de 2002 en témoignent. Elle s'engage singulièrement dans une voie exigeante et novatrice qui mérite une présentation moins réductrice de son projet, un projet qui engage de plus en plus les maîtres vers une démarche pédagogique orientée reposant sur des évaluations et un travail concerté des maîtres au long de la scolarité.
Il semble important de faire connaître cette nouvelle approche.
Bien cordialement
Vincent Breton
conseiller pédagogique
maître de toile
http://prepaclasse.net
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